La femme désirée : Le nu féminin à Venise
La Femme offerte
Au XVIe siècle, Venise est célèbre pour la liberté de ses mœurs mais les images érotiques ne sont pas admises en public et les prestigieux nus de Titien sont réservés au milieu fermé des commanditaires, souvent étrangers. Les nus profanes de Titien sont empreints d’une grande sensualité, même s’ils s’appuient sur une thématique mythologique et suivent des codes de représentations ; le programme iconographique des poesie peint pour Philippe II, s’il s’inspire librement sur les Métamorphoses d’Ovide, répond à une dialectique autour de l’amour accepté ou refusé, heureux ou tragique et permet également à Titien de répondre à la prééminence de la peinture sur la sculpture.
Ni Véronèse, ni Tintoret, ni aucun autre des ses jeunes « rivaux » ne parvinrent à égaler Titien. Le premier travaillera sur des thèmes profanes dans un style plus classique, plus sculptural, d’une grande richesse chromatique mais beaucoup moins sensuel. Tintoret délaissera les nus offerts à la délectation du regard du spectateur pour des compositions mouvementées et dramatiques. Ses rares représentations de corps nus féminins sont dénuées de poésie.
TINTORET, DANAE
Madrid, museo del Prado(P00425)
Dans ses poesie exécutées pour Philippe II, Titien reprend le thème de la Danaé qu'il avait réalisé près de 10 ans auparavant. La vieille servante, sorte d'entremetteuse, a pris la place d'un petit amour, cette Danaé devenant ainsi l'incarnation de l'amour vénal. La touche large et vibrante fait palpiter le corps offert de la jeune femme en émoi.
© Museo Nacional del Prado, Madrid
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